« Si tu veux la paix, prépares la paix ! »

 

Cette après-midi, Agir pour la Paix a tenu à porter un message de paix aux 21 pays de l’UE qui sont également membre de l’OTAN et qui se réunissent pour un Conseil européen à Bruxelles, ces 26 et 27 mars. Ce sommet européen sera majoritairement consacré à la guerre en Ukraine et à ses conséquences. Un millier de balles de ping pong portant des messages tels que « No to wars – No to NATO », « Give peace a chance », « ALL refugees welcome » ou encore « Stop fuelling wars » ont été envoyées en direction du bâtiment Europa. Avec l’espoir, qu’une de ses petites balles, après avoir franchi toutes les barrière sécuritaire, arrive enfin dans la main des décideurs européens. Bien que convaincus qu’il soit indispensable de lutter contre tous les impérialismes dont celui de Mr Poutine, nous n’avons de levier que sur nos dirigeants. Le monde occidental a, jusqu’ici, fermé les yeux quant à la politique expansionniste de Mr. Poutine alors que la construction d’un rapport de force économique et diplomatique avait des coûts raisonnables. Et nous constatons que nous avons failli à préparer la Paix mais, par contre, nous n’avons eu de cesse que de préparer la guerre. Et, il suffit de regarder la dernières décennie, les augmentations budgétaire de la défense pour s’en rendre compte. 

Par cette action nous exprimons notre solidarité avec toutes les victimes de toutes les guerres passées ou en cours, où quelles ont ou aient pu avoir lieu (Ukraine, Yémen, Syrie, Afghanistan, …). Nos pensées et notre soutien vont aussi vers toutes (celles et ceux) les personnes qui y résistent avec force et courage, entre autre, les objecteurs de conscience et les militant.e.s de la paix Russes et Ukrainiens. Nous condamnons avec force l’invasion de l’Ukraine par la Russie en tant que violation inacceptable du droit international.

La paix ne se décrète pas ; elle se construit, se prépare par les choix politiques, économiques, sociaux et énergétiques qui sont posés par les institutions et gouvernements nationaux et internationaux. Dans une optique de construction de la paix nous demandons donc :

  • D’arrêter d’armer les belligérants. Nous rappelons aussi que plusieurs pays européens ont continué d’armer la Russie après 2014. Alimenter un conflit armé à coup d’envois d’armements nous éloigne toujours plus d’une solution pacifique, prolonge la violence et la souffrance humaine, entrave l’aide humanitaire et réduit à néant le contrôle de la destination ultérieure de ces armes une fois le conflit terminé. Une fois de plus, poursuivront-elles leur chemin vers une guerre civile en Afrique ? 
  • De sortir de l’OTAN qui n’est qu’une alliance belliciste génératrice de conflits, qui se nourrit de ceux-ci pour sans cesse justifier son existence. 
  • Un processus de désarmement nucléaire effectif au niveau mondial.
  • Une politique d’autonomie énergétique vers le renouvelable et un refus du gaz liquéfié américain. En effet, nous savons que son mode d’extraction va à l’encontre tout standard écologique. De plus, il hors est de question que le prix à payer pour notre autonomie énergétique soit une nouvelle destruction des terres ancestrales des peuples autochtones des Amériques.
  • D’accueillir tous les réfugié.e.s. Ils méritent toutes et tous, sans exception notre solidarité et notre soutien. La militarisation de l’Europe et son racisme apparaissent aujourd’hui au grand jour. Après avoir alloué 30 millions d’euros à l’Ukraine (2011) pour la construction de 9 centres de détentions pour personnes en migration réadmis et donc envoyés par les pays de l’U.E., cette même Europe leur refuse maintenant la protection temporaire auxquels ont droit les Ukrainiens. L’accueil et la solidarité envers tous les réfugiés n’est qu’une question de choix politique, rien d’autre. Ce qui est possible pour les réfugiés Ukrainiens est possible avec les réfugiés Afghans, Soudanais, Syriens, Yéménites, …

La seule option possible pour mettre fin à cette guerre est un cessez-le-feu immédiat et un retrait des forces russes présentes en Ukraine pour permettre la tenue de négociations efficientes le plus rapidement possible. La force et la contrainte peuvent s’exprimer de bien d’autres façons qu’au son des armes et c’est là la place du projet de paix qui a porté la création de l’Union européenne. 

Cette action est à l’image des nombreux appels à la paix et au désarmement, y compris venant d’Ukraine ou de Russie, ces dernières semaines : inaudibles par les autorités en charge et pourtant plus que jamais indispensables pour un futur commun.