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L’humiliation du vaincu : un obstacle à la paix durable

Depuis l’Antiquité, les vainqueurs de guerre ont souvent cru devoir humilier leurs adversaires pour affirmer leur domination. Aujourd’hui encore, cette logique persiste, comme en témoignent les images récentes de dirigeants vaincus, exhibés comme des trophées. Pourtant, la paix ne se construit pas sur l’humiliation, mais sur la justice, la dignité et la réconciliation.

Dans l’article « De Vercingétorix à Maduro : l’exhibition du corps de l’ennemi vaincu », publié le 24 janvier 2026, sur le site de La Libre Belgique, l’historienne Anne Morelli retrace cette tradition millénaire, de Vercingétorix à Nicolás Maduro, et nous invite à réfléchir : sommes-nous condamnés à reproduire ces schémas de violence symbolique, ou pouvons-nous inventer d’autres façons de sortir des conflits ?

À l’heure où les réseaux sociaux amplifient et diffusent ces mises en scène, cette question est plus que jamais d’actualité. Car la paix ne se décrète pas : elle se construit, jour après jour, en refusant de faire de l’autre un objet de mépris.

Extrait de l’article « De Vercingétorix à Maduro : l’exhibition du corps de l’ennemi vaincu » d’Anne Morelli :

« Depuis l’Antiquité, les vainqueurs exhibent le corps de l’ennemi vaincu comme un trophée. Cette tradition, qui traverse les siècles, vise à afficher la domination et à légitimer la violence. Hier, c’étaient les triomphes romains où Persée, Jugurtha ou Vercingétorix étaient traînés en chaîne avant d’être exécutés. Aujourd’hui, ce sont les images de dirigeants vaincus, menottés, humiliés, diffusées en boucle sur les réseaux sociaux.

L’enlèvement récent de Nicolás Maduro et les images de sa détention rappellent cruellement cette logique : l’humiliation publique du vaincu sert à la fois de propagande et de « preuve » que la guerre valait la peine d’être menée. Pourtant, cette pratique interroge notre prétendue « civilité ». Comme le rappellent les exemples de Saddam Hussein, Kadhafi ou Ceaușescu, la manière dont on traite les vaincus est un baromètre de notre humanité.

Rome avait coutume de dire : « Vae victis » – malheur aux vaincus. Deux mille ans plus tard, n’est-il pas temps de rompre avec cette tradition ? »

Lien vers l’article complet « De Vercingétorix à Maduro : l’exhibition du corps de l’ennemi vaincu », d’Anne Morelli, publié le 24 janvier 2026, sur le site de La Libre Belgique : https://www.lalibre.be/debats/opinions/2026/01/24/de-vercingetorix-a-maduro-lexhibition-du-corps-de-lennemi-vaincu-75QRAJO24JBP5NUY7WE6NANSNQ/

Pour conclure, l’article d’Anne Morelli nous rappelle que l’histoire se répète tant que nous ne remettons pas en cause nos réflexes de domination et de mépris. Chaque époque offre des exemples de sortie de crise par le dialogue, la justice et le respect de la dignité humaine. Chez Agir pour la paix, nous croyons que la paix se construit chaque jour, par des choix concrets : en refusant de relayer ou de banaliser les images humiliantes des vaincus, et, en promouvant une culture du débat et du respect, y compris envers ceux avec qui nous sommes en désaccord.