La domination symbolique : Noël et la banalisation de la violence. @Pauline Acquaviva

A. Qui, quoi, pourquoi ?
Bienvenue dans cette nouvelle série d’articles dédiés à la domination et aux techniques de propagande ! L’idée de ceux-ci est de vous montrer comment nous sommes soumis sans arrêt à la propagande et de quelle manière cela permet la domination d’une certaine forme de pensée ou de certains acteurs.
Diplômée en relations internationales, je m’intéresse aux mécanismes de domination et de propagande, qu’ils s’exercent en temps de guerre ou de paix. Néo-constructiviste dans l’âme, je considère notre vision du monde construite par la société dans laquelle on grandit, ses normes, sa culture.
Ce premier traite de la domination et de la propagande par le symbole et de Noël parce que, ici aussi, l’esprit des fêtes contamine les esprits. Il a à cœur d’offrir un introduction au sujet de la propagande symbolique et ne se veut en aucun cas exhaustif. L’objectif est de commencer à vous montrer ce que sont les symboles et vous donner l’envie de chercher la signification profonde de ceux qui vous entourent.
C’est un sujet large et complexe, abordé par de nombreux auteurs, avec beaucoup d’approches différentes. C’est pourquoi, il semble intéressant d’expliquer par l’exemple.
Cet article va donc commencer par expliquer la domination symbolique, son fonctionnement et ses caractéristiques à travers Noël, exemple représente parfaitement bien le concept. Que l’on fête Noël ou pas, qu’on l’aime ou pas, dans les sociétés occidentales, il est presque impossible de ne pas connaître son existence.
Cet exemple de Noël nous permet de comprendre comment les symboles façonnent nos sociétés. Cela nous permettra d’élargir nos perspectives et d’examiner comment le contexte international de plus en plus troublé ainsi que l’accoutumance des populations à une symbolique guerrière favorise la domination et la banalisation de la violence.
B. La domination de Noël et les symboles.
Pour bien commencer ce sujet, il est nécessaire d’expliquer ce que j’entends par « symboles ». En reprenant la théorie de Tchakhotine (1952), un « symbole » est une concentration d’idéologies et de concepts. Ils peuvent être visibles comme les drapeaux arc-en-ciel, la croix catholique, la main de Fatma, qui, pour n’en citer que quelques-uns, sont portées comme symboles d’appartenance à une communauté. Ils permettent de se reconnaître, d’appartenir à un même groupe. Non seulement ceux-ci peuvent être visuels mais également sonores ou gestuels comme le signe des cornes du rock, le salut militaire, ou encore, le tristement célèbre lever de bras hitlérien.
Ensuite, il y a des symboles invisibles, ceux que nous ne remarquons pas mais qui sont présents tout autour de nous, transportant une doctrine, une idéologie, une manière de se comporter,… ils sont plus subtils et diffusent plus rapidement les idées en touchant la base émotionnelle des populations. Le symbole du dollar : signe de la recherche de l’argent comme objectif ultime; les publicités : transportant des messages de consommation; etc.
Les symboles transportent des histoires et des rites qui se transmettent à travers une communauté, à travers une famille. Ils créent des mythes : une transmission d’une façon de vivre, de penser. Ils créent des rites : une suite de gestes symboliques et reproductibles. Ils permettent d’introduire des non-initiés dans un groupe et tout simplement, la socialisation.
C’est notamment ainsi que perdurent les religions et certains cultes : ils attirent des adeptes au travers de mythes, les initient et les abreuvent de nombreux symboles. Les individus intègrent ces rituels dans leur vie quotidienne, privée comme publique (par exemple, en priant le soir chez soi tout comme en participant à des messes ou des cérémonies religieuses).
Lorsque le symbole intègre divers aspects de la vie d’une personne en imposant ses codes moraux et ses codes intellectuels, on y retrouve la notion de l’hégémonie symbolique de Gramsci (Schirru, 2016).
En quoi l’hégémonie symbolique s’applique à Noël ?
Selon Claude Lévi-Strauss (2016) dans le Père Noël supplicié, Noël mêle différentes cultures païennes provenant de différentes parties du monde : partout, autour du solstice d’hiver, on retrouve des festins, des cadeaux et un rassemblement. C’est une fête qui évolue en permanence : l’Eglise y adjoint la naissance du Christ, au 20ème siècle, le secteur marchand se l’approprie pour augmenter les ventes et malgré le critique de son caractère consumériste, il existe encore et est célébré dans de nombreuses régions du monde
Noël utilise ce que Tchakhotine (1992) appelle une “promenade de symboles”, c’est-à-dire un ensemble de différents types de symboles pour perdurer et se transmettre à travers les communautés et le temps. Cette fête dicte une certaine conduite dans les sociétés occidentales pendant plus d’un mois.
Une fois Halloween passé, Noël est dans tous les esprits. Que ce soit à travers les traditions (échange de cadeaux, chaussettes sur la cheminée, décorations du sapin,etc.), les symboles (le Père Noël, les rennes, les étoiles, la couronne, le bonhomme en pain d’épice et tant d’autres), ou encore, à travers les chants et les contes, Noël crée un esprit de communauté. Il s’insinue partout, à la fois dans la sphère publique mais également dans la sphère privée, ce qui est un requis essentiel pour assurer sa domination.

Le père Noël
D’où vient le père Noël ? Un pasteur américain, s’inspirant de notre fameux Saint Nicolas ou Sint Niklaas, va lui donner son nom Santa Claus jusqu’à ce que l’illustrateur Thomas Nast lui confère son apparence actuelle: un vieil homme rouge bien portant et sa hotte remplie de cadeaux (Blakemore, 2021). Il est devenu une icône et rentre dans le mythe grâce à Coca-Cola qui s’approprie sa bonhomie début du 20ème siècle.
Le Père Noël est un mythe : l’incarnation d’une histoire, d’une morale qui se transmet de génération en génération. Il représente quelque chose auquel nous devons croire en étant petits. Nous ne sommes pas encore initiés et nous ne pouvons intégrer le groupe social qu’en apprenant la triste vérité. Il est ensuite de notre devoir de transmettre les valeurs, l’histoire et le rite qui se cachent derrière le Père Noël. Ici se retrouve le caractère pédagogique d’une hégémonie où le groupe dominant, ici les initiés, transmettent et apprennent une même version aux non-initiés. (Djenati, 2007)
Cette transmission permet de créer une communauté soudée autour d’un mythe unique et de rites identiques. Le Père Noël permet d’asseoir pendant quelques moments la domination des parents, de la société qui, en échange d’un bon comportement, nécessaire pour s’intégrer, offrent des cadeaux et des récompenses. Cela devient un outil de répression : ne fait pas cela sinon tu ne seras pas récompensé par la figure d’autorité.
Les traditions
Les traditions, bien que similaires, varient selon les régions. Cela leur permet de s’adapter aux particularités de chaque société.
Un type de symboles couramment utilisé est le son. Pour Gramsci (2024) : tous les hommes transmettent une certaine philosophie du monde à travers le langage, les croyances, les superstitions. Ce sont des concepts qui existent parce qu’ils sont parlés et transmis avec leur bagage qui portent une certaine interprétation du monde.
Lors de Noël, pas de “Hail Hitler”, pas de “Morts aux vaches”, ni de chants patriotiques, ce sont les “Joyeux Noël”, les carillons et Mariah Carey qui règnent en maître. Ces chants et ces paroles qui envahissent notre espace sonore lors de décembre et transporte “l’esprit de Noël”, c’est-à-dire les pratiques ancrées avec la fête et renforce l’imaginaire collectif.
L’échange de cadeaux, bien que banal, est un rite très ancré dans la pratique (Ladwein et Rémy, 2014). La valeur du cadeau dépendra autant de la position dans la hiérarchie que des liens familiaux. Assurer son hégémonie, c’est aussi assurer que sa place dans la société est préservée et les rites permettent une interaction entre deux membres d’un même groupe social en mettant en évidence la place de chacun. C’est encore un moment d’apprentissage très important : les règles invisibles qui régissent la communauté dans laquelle nous sommes. En grandissant, il nous faut les apprendre afin d’éviter les faux-pas et une potentielle sanction. Assurer la pérennité de ses règles, c’est assurer la pérennité de Noël ou de l’institution qui dicte ces règles.
Un dernier exemple traditionnel est la décoration du sapin. Chez beaucoup, cela représente un moment de rassemblement où les liens sociaux se recréent et se renforcent. Participer à un rite collectif (le sapin mais aussi un rassemblement politique, la messe, etc.) permet de rétablir les liens de notre communauté. Pendant un certain temps, nous pratiquons la même activité, nous nous impliquons dans notre groupe social et avons donc plus de difficultés à la critiquer à l’avenir.
Les réunions familiales
Si le Père Noël représente la transmission des valeurs, le lieu de transmission est sans conteste: les repas familiaux. Le Père Noël, figure emblématique se retrouvant partout autour de nous, incarne la transmission à travers la sphère publique, les repas de famille quant à eux, sont l’incursion de cette hégémonie publique dans la sphère privée (Ladwein et Rémy, 2014).
Lors de ces réunions, chacun retrouve le rôle qui lui est assigné et doit s’y tenir. Il s’agit d’un moment ritualisé, où souvent les mêmes gestes sont répétés années après années par les mêmes personnes. Une manière pour tous de retrouver sa place dans la communauté, de se souvenir de son rôle et de transmettre aux générations suivantes les gestes à suivre. C’est aussi l’occasion d’intégrer de nouveaux membres et de leur attribuer une place dans la communauté.
Noël en famille est un symbole tellement fort et ancré en nous qu’ils évoquent une suite d’activités à faire, ce qui se rapproche du conditionnement et de la création de réflexes. Ce mythe fait revivre des états d’âme (différents pour chacun) tout en évoquant une conduite commune à tous. Tchakhotine (1992) rapproche cela à la création du réflexe de Pavlov.
Il y a un mythe de la famille qui se crée au moment de Noël, qui acquiert une valeur symbolique supplémentaire, celle de rassembler et d’accorder les pratiques, les rites, le temps d’un soir.
Seulement, tout le monde ne fête pas cela en famille. Les déportations, la fuite hors de son pays, certains membres morts ou disparus, l’ajustement à une nouvelle culture font que les pratiques s’adaptent et évoluent. Nouvelle famille, nouvelle vie, nouveaux rites. Cette adaptation est la preuve de la persistance de la symbolique associée à Noël qui permet, tout en gardant les valeurs et la morale liés à ceux-ci, d’évoluer en fonction du contexte et des communautés dans lesquels ils sont intégrés.
C. Les symboles appliqués à la guerre et la banalisation de la violence.
L’association Agir pour la Paix, pour laquelle j’écris cet article œuvrant pour la paix, je pense important de remettre ces théories en perspectives. La violence et la guerre étant au cœur de l’actualité, il semble important d’introduire une première approche de ce rapport entre la guerre et les symboles. Commencer par un exemple comme Noël, connu de tous, avec une symbolique que l’on peut distinguer, permet d’approcher la domination symbolique. Cependant, tout au long de l’année, de manière parfois plus subtile une banalisation de la guerre et de la violence s’introduit dans nos sociétés. Si parler de domination de la guerre en démocratie semble trop conséquent pour un petit article, il ne faut pas négliger l’utilisation de ce modèle théorique qui amène une influence plus nuancée.
La guerre et la symbolique dans nos sociétés
Cette seconde partie a pour objectif de montrer en quoi il est dangereux de ne pas remettre en question les concepts que l’on nous enseigne. Si Noël est une source de tension, cela reste minime comparé à ce que peut engendrer l’assimilation de symboles guerriers. Bien qu’ils ne soient pas les seuls facteurs, par eux, nous devenons une société dans laquelle la violence est banalisée, les personnes désensibilisées et les opinions de plus en plus polarisées. En effet, la symbolique militaire et guerrière, particulièrement cette dernière décennie, prend de plus en plus de place: dans nos vies, dans nos politiques, dans nos actes et nos paroles. Peut-on déjà parler d’hégémonie ou non, là n’est pas la question de cette partie parce que y répondre demanderait certainement un livre entier
Selon les courants politiques et les penseurs, la guerre est vue comme une continuation de l’acte politique, comme un état de non-paix, une mobilisation sociale, une source de progrès ou encore un outil de domination. Ce qui est sûr, c’est qu’elles ont participé au façonnement de nos sociétés actuelles, descendantes des conséquences des guerres anciennes ou pour certains pays, en cours. (Hernandez, 2018)
Dans nos sociétés occidentales, spécifiquement en Europe, la Seconde Guerre mondiale a laissé une empreinte durable. Après la fin de la Guerre froide, et avec les deux guerres du Golfe, a démarré une période où l’Europe n’est plus en guerre mais participe directement ou indirectement aux guerres à l’étranger. Nos sociétés ont utilisé de nombreuses techniques pour laisser la guerre en dehors de nos frontières afin de conserver ‘notre paix’. Cependant, voulu ou non, nos sociétés intègrent progressivement des symboles guerriers et militaires qui tendent à modifier notre perception de la violence.
Certains rites mettent en avant un aspect héroïque de la guerre et sont porteurs de symboles guerriers à connotation positive. Un des plus grands exemples sont les cérémonies de commémorations qui valorisent le sacrifice pour la patrie. Ils mettent en avant la nation et ses valeurs. De plus, en oubliant régulièrement les populations des colonies, la nation devient un espace entre des frontières. C’est une manière de mettre en avant la patrie et les valeurs nationales. Les symboles mis en avant lors de ces cérémonies tels que le drapeau et l’hymne, associant à la fois le sonore et le visuel, nous rappellent l’horreur de la guerre mais surtout le patriotisme héroïque.
A cela s’assortit la glorification de faits d’armes des grands guerriers et explorateurs de l’histoire : le glorieux Alexandre Le Grand dont les hommes pillent les villes vaincues ; Christophe Colomb et les ravage du colonialisme ; César qui a conquis tout un empire par la propagande et les massacres ; et tant d’autres, qu’ils soient dans notre culture ou dans les autres.
Discours politique et médiatique : un vocabulaire guerrier.
En outre, dans les discours politiques, de plus en plus de vocabulaire à connotation militaire est utilisé. Il est porteur d’une conception manichéenne et violente avec des expressions telles que : “nous sommes en guerre” mais aussi des mots “bataille”, “front”, “ennemi”, “guerre contre le réchauffement climatique”, “guerre des cultures”, etc. Ces mots portent en eux le combat et la violence.
Les discours médiatiques mettent aussi une distance entre le spectateur et la guerre : en utilisant des termes comme “guerre propre” ou “armes de précision”, ils banalisent la violence de la guerre et créent une distance émotionnelle. Cette distance est accentuée par l’utilisation de schémas et les reproductions de batailles à l’aide de la reproduction en 3D. Ils s’assimilent alors plus facilement à des jeux vidéo qu’à une véritable situation dans laquelle des gens meurent chaque jour et atténuent la réalité de la violence d’une guerre.
Exemples récents :
- Plus récemment, fin novembre 2024, les États-Unis, sous la direction de Biden, ont annoncé leur intention de fournir à l’Ukraine des mines antipersonnel « à durée de vie limitée ». Ces armes sont interdites de production, de détention et de transfert par la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel de 1997. L’Ukraine a signé cet accord, contrairement à la Russie et aux États-Unis. Ces mines, conçues pour handicaper le personnel ennemi et surcharger la logistique d’aide, sont souvent oubliées et finissent par blesser des populations civiles. L’appellation « à durée de vie limitée » suggère une approche consciencieuse visant à minimiser les dégâts et à mener une guerre « propre » et technique. Pourtant, malgré cette désignation, ce sont des armes non discriminantes qui ne distinguent pas les combattants des civils et risquent de causer des dommages considérables. Autoriser leur utilisation revient à intensifier et légitimer davantage la violence.
- Les violences policières aussi sont porteuses d’une signification plus profonde lorsque, bien que décriée par les populations, ne sont que rarement condamnés par les politiques et les tribunaux. Alors que nous sommes en paix, L’Etat dominant nous montre que la violence peut être tolérable dans certaines circonstances.
Symboles guerriers dans le quotidien.
Après les attentats de 2015 en France, de 2016 en Allemagne et en Belgique, et tant d’autres dans nos sociétés occidentales, la présence de militaires armés dans les rues ne choque plus personne. Les armes sont devenues omniprésentes dans la culture populaire à travers les jeux vidéo, les séries et les films. Les tenues militaires ont également infiltré le monde de la mode, où les motifs camouflage restent toujours tendance. Le scoutisme, fondé par le militaire Baden-Powell, est une activité qui attire de nombreux jeunes. Aujourd’hui encore, ce mouvement conserve de nombreux codes militaires : port de l’uniforme, respect de la hiérarchie, etc.
Nous sommes donc presque constamment soumis à une symbolique guerrière et militaire, que ce soit dans les paroles, les actes ou le visuel.
Dans la vie quotidienne, notre mode de vie met de plus en plus en avant l’individualisme, l’affirmation de soi, et l’esprit de compétition qui peuvent transformer les liens sociaux et les rites communautaires.
Conséquences sociales et politiques
Tout cela a pour conséquence un simplification de l’opinion publique qui se radicalise de plus en plus et une polarisation des opinions qui voient leur champ de réflexion réduit au principe manichéen d’ami ou d’ennemi. Il y a la perte de la nuance dans les débats, ce qui limite les possibilités de dialogues ouverts et de compromis. De plus, en voyant le monde en noir et blanc, cela déshumanise l’adversaire et justifie la violence utilisée à son encontre. Si tu n’es pas avec les policiers, tu es donc contre les policiers et inversemment.
Être sans arrêt soumis à une propagande de légitimation de la violence, il y a donc une légitimation des mesures exceptionnelles prises en tant de crise qui deviennent des décisions acceptables en tant normal.
Dans la vie privée, cela se traduit par un individualisme exacerbé et un esprit de compétition plus vif où la violence symbolique, verbale, psychologique et/ou physique devient banale. Il y a une perte de la collectivité ainsi qu’une augmentation de l’anxiété face à un état de guerre. mode survie?
Et enfin, une banalisation de la violence puisque celle-ci, ayant infiltrée nos vies privées et publiques devient un mode de pensée dominant qui, pour être contrée, doit être d’abord comprise. Cette accoutumance à la violence provoque une désensibilisation face à la souffrance réelle des populations en guerre ou des populations réprimées.

D. Conclusion : comprendre pour déconstruire.
Nos traditions, qu’elles soient festives ou politiques, sont toujours porteuses de nombreux symboles, de nombreuses significations qui influencent notre comportement et nos décisions. Cela permet d’assurer leur pérennité et leur ascendance sur nous.
La fonction principale de cet article était de montrer que derrière une chose aussi banale que Noel, et offrir un cadeau, se cache en réalité, une hiérarchie sociale à respecter, des codes à apprendre, et des valeurs à transmettre. Remettre en question nos actions, nos habitudes et nos traditions, c’est aussi remettre en question les structures et institutions qui les soutiennent. Ce permettra de lutter contre une potentielle domination sur certains sujet que les Etats essaient de faire accepter à leur population.
Il est donc essentiel, pour développer un esprit critique sur le monde, d’examiner attentivement nos actions, la symbolique qu’elles transmettent, et leur signification souvent plus profonde qu’on ne l’imagine. La nuance est une composante fondamentale du fonctionnement de nos sociétés. Il ne s’agit pas simplement de se positionner pour ou contre la violence, mais plutôt de nuancer nos propos, de comprendre les points de vue opposés et de savoir remettre en question nos habitudes. La recherche de solutions pacifiques et l’écoute mutuelle sont souvent plus exigeantes que de céder à une vision binaire imposée par les rites et symboles de nos sociétés. C’est pourtant essentiel si nous voulons éviter un monde dominé par la violence.
Je vous souhaite un joyeux Noël, plein d’échanges, de musiques et de fêtes.
Ceci est mon premier article, n’hésitez pas à me faire des retours, je suis preneuse de toute critique constructive.
Bisous et à bientôt pour d’autres articles 😉

@Pauline Acquaviva : https://be.linkedin.com/in/pauline-acquaviva-642424235
Graduate of the Université libre de Bruxelles in international relations, specialising in peace, security and conflict. I am interested in propaganda, disinformation and conflict resolution.
Bibliographie
- Blakemore E. (2021, décembre). Noël à travers les âges : une histoire de symboles. National Geographic
- Djenati G. (2007, janvier). “Merci Père Noël !”. Le Journal des psychologues, n°143.
- Gramsci A. (1952). L’hégémonie culturelle, Ed. Payot et Rivage.
- Hernandez S.R. (2018). “Les guerres, matrices des sociétés contemporaines”, Amnis, vol. 17.
- Ladwein et Rémy (2014). “Sacré Noël!”, Revue du MAUSS, vol 2, n°44
- Lévi-Strauss C. (2016). Le Père Noël supplicié. Ed. du Seuil.
- Schirru C. (2016). “L’hégémonie de gramsci entre la sphère politique et la sphère symbolique”. Mélanges de l’École française de Rome – Italie et Méditerranée modernes et contemporaines, vol.2, n°128.
- Tchakhotine S. (1992). Le viol des foules par la propagande politique. Ed. Gallimard.


