Le ministre de la Défense Theo Francken voudrait envoyer les jeunes « durs à cuire, casseurs et vandales » dans des camps de rééducation pour leur apprendre les bonnes manières.
À la suite des manifestations qui ont débuté le 4 juin, à Bruxelles, contre les réformes de l’enseignement, le ministre de la Défense, Theo Francken, s’est exprimé de manière choquante sur son compte X. Il a publié le samedi 6 juin :
« Ce qui s’est passé hier à Bruxelles est une pure honte. Toujours les mêmes durs à cuire, casseurs et vandales. Il faut mettre en place des camps de rééducation pour ces jeunes délinquants. La rééducation est urgemment nécessaire. La Défense est prête à aider – si on le souhaite. ».
Cette idée d’envoyer les jeunes en camps de rééducation pour les « éduquer » n’est pas nouvelle, mais reste une honte absolue.
Entre autres, il ne faut pas confondre les jeunes motivés à faire respecter leurs droits avec ceux qui sont à la dérive et qui par ailleurs méritent toute l’attention de la protection de la jeunesse, de la justice et des milieux éducatifs (des secteurs qui par ailleurs ont structurellement de moins en moins de moyens).
Est-il vraiment opportun d’envoyer des jeunes là où la violence est admise, légalisée et renforcée ? Où les dimensions violentes n’ont pas de limites ?
Comme l’expliquait Jean Van Lierde : « envoyer un petit délinquant dans un tel univers, c’est prendre le risque d’en faire un vrai criminel ».
Plus que jamais, l’éducation et la culture – précisément mises à mal aujourd’hui en Belgique – sont les meilleures solutions pour donner aux jeunes une raison de vivre et de construire un monde solidaire.
Mieux encore : au lieu d’apprendre aux jeunes la soumission, il faut leur apprendre l’entraide et particulièrement la résistance à l‘égard des milieux qui les manipulent sans scrupules.
Agissons pour la paix : n’envoyons pas les jeunes vers plus de violence !
Jean Louis Vander Heyden et Yéléna Mackowiak


