L’Objection de conscience à 50 ans

Le statut de l’objection de conscience a 50 ans cette année. C’est grâce à ce statut qu’environ 33000 belges ont pu substituer leur service militaire par un service civil. Cette victoire historique des pacifistes fera notamment l’objet d’une exposition que nous organiserons en décembre. A cette occasion nous vous invitons, anciens objecteurs, à nous aider à enrichir cette expo par vos documents visuels et témoignages. Contactez-nous : objectiondeconscience@agirpourlapaix.be

Le statut de l’objection de conscience aura 50 ans ce 3 juin 2014. Cette victoire historique des pacifistes fera l’objet de plusieurs événements qui se solderont par une exposition en décembre organisée par Agir pour la Paix (voir encadré ci-dessous). Agir pour la Paix est l’association héritière du travail de Jean Van Lierde, mMilitant qui fut l’un des grands artisans du statut de l’objection de conscience, au prix d’emprisonnement et de travail forcé. Il en est donc de notre devoir de commémorer cette précieuse lutte et celles qui en ont découlé. Ce sera également l’occasion de replacer la question de l’objection de conscience dans le contexte actuel belge, européen et mondial. Mais surtout, c’est l’occasion de souligner que l’objection à la préparation de la guerre demeure un combat international pour les générations présentes et futures.

Le 3 juin 1964 le Roi Baudouin signait la loi portant sur le statut des objecteurs de conscience, soit après des années d’efforts. Les jeunes citoyens belges de sexe masculin ont eu dès lors la possibilité légale de ne pas effectuer de service militaire en raison de leur conscience. Et ce, bien après d’autres pays comme la Grande Bretagne en 1916 et le Danemark en 1919. Les objecteurs de conscience belges furent d’abord astreints à un service affecté à la protection civile dépassant de douze mois le service militaire. Dès 1974 ils purent suivre des formations à l’engagement civique et non violent dans la société.

Sur les 30 années de lutte, on se rappellera notamment de la période d’entre deux guerres marquée par la détermination du flamand Bert Fermond, des francophones Marcel Dieu et Léo Campion, des trois prêtres qui précipitèrent en 1963 le vote de la loi en refusant d’effectuer un rappel, et bien sûr de Jean Van Lierde, qui effectua dix-huit mois de prison et six mois de travail dans l’enfer de la mine du Bois du Casier à Marcinelle.

Depuis la fin du service militaire en 1995, le statut des objecteurs de conscience ne peut plus être obtenu. Toutefois, il convient de rester vigilants car le service militaire n’a été que suspendu, et non point aboli. Qu’adviendrait-il si demain une nouvelle guerre venait à éclater et si le devoir militaire était remis à l’ordre du jour ? Par ailleurs, le statut d’objection de conscience est certes une victoire, mais ne devrait-il pas être réactualisé ? Ne devrait-on pas étendre ce statut d’objection de conscience à l’actuelle dimension socio-économique ? Sommes-nous tenus de payer des taxes qui financent l’armée ou les interventions militaires à l’étranger ? Devons-nous accepter des emplois liés au secteur de l’armement sous peine de perdre nos droits sociaux ? Qu’en est-il du statut dans les autres pays d’Europe et du monde ? Devons-nous élever la lutte à un niveau plus large ?

Agir pour la Paix entend cette année ouvrir le débat par le biais d’évènements publics mais aussi de s’engager dans des pistes concrètes telles que la création d’un registre national des ojecteurs de conscience, de faire reconnaître le statut dans la constitution belge,… Nous comptons donc sur votre soutien et participation pour ces futures activités.

D’ici là, nous invitons les anciens objecteurs de conscience à se manifester pour réaliser ensemble une exposition riche en souvenirs, en témoignages et en perspectives.