Lettre ouverte aux négociateurs travaillant à la constitution et au programme du gouvernement de la Communauté Wallonie Bruxelles

 

Agir pour la paix, association d’éducation permanente subventionnée par la communautéWallonie Bruxelles, a pris connaissance grâce à un article du journal Le Soir (31/07/19) du souhait de la Défense nationale de mettre en place dés 2021 une nouvelle option dans les écoles secondaires destinée à faire découvrir le métier de militaire. Une réunion serait prévue finaoût avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Flandre pour tenter d’élaborer ce projet. Les métiers des forces de l’ordre et des pompiers pourraient également se joindre à ce programme de formation dans l’enseignement secondaire.

Nous insistons pour que l’éducation et la formation des jeunes de 5 ème et 6 ème années de l’enseignement secondaire ne soient pas instrumentalisées en vue du recrutement par l’armée ou par tout autre corps officiel. Les matières prévues, soit l’orientation, la lecture de carte et les premiers soins sont par ailleurs des matières qui peuvent être utiles dans la vie sociale en général, et nous ne voyons pas pourquoi elles doivent être données par des militaires. Ce sont d’ailleurs des matières déjà enseignées dans les organisations de jeunesse. Par contre, l’utilisation d’armes est spécifique à l’institution militaire et certaines de ces armes, comme les armes nucléaires présentes en Belgique, ou les lance-flammes et les bombes au phosphore sont contraires aux limites que toute collectivité doit s’imposer lorsqu’elle est amenée à nuire à autrui pour quelque raison que ce soit. Cette utilisation d’armes doit donc faire l’objet d’un débat et il ne peut être question que l’Armée soit la seule appelée à parler de la défense des collectivités. Les moyens pacifiques et non violents de résolution des conflits doivent être exposés en détail par des personnes compétentes à l’appui desnombreux exemples historiques en cette matière.

A cette occasion, Agir pour la paix insiste aussi pour que les jeunes concernés par le projet susvisé soient introduits au problème capital de la sécurité des personnes. Des forces de l’ordre, des pompiers, mais aussi des membres du service fédéral justice et des services sociaux pourraient collaborer avec les enseignants et apporter des éléments d’expérience, surtout en matière de prévention. Vu que la récidive dans la délinquance trouve très souvent son origine dans l’absence totale de politique efficace de réinsertion dans les prisons il serait opportun d’informer les jeunes sur les rapports de la commission de surveillance des prisons.Il serait ainsi plus utile, plutôt qu’une nouvelle option destinée à faire découvrir le métier de militaire, de proposer une option élargie à la question de la sécurité sous tous ses angles.